Nos mots d'ordre

La liberté de circulation et d’installation pour tous·tes est au cœur des revendications et des luttes de notre Mouvement depuis de nombreuses années.

Année après année, nous assistons aux massacres en cours aux frontières et dans les lieux de détention conçus pour décourager les départs des personnes migrantes. Nous ne pouvons pas oublier ces victimes ! Nous ne voulons pas rester silencieux face à ce qui se passe !

Nous aimons à le rappeler : Migrer est un droit !

C’est inscrit dans l’article 13 de la déclaration universelle des droits humains.

« 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »

Il est primordial de reprendre l’offensive sur le terrain des idées, de s’autoriser à penser nos utopies, de réfléchir aux moyens de les réaliser et de participer ainsi à la transformation de l’imaginaire collectif.

Concrétisons la liberté de circulation et d’installation

On souhaite véritablement inverser la tendance et un jour vivre dans une société où les personnes étrangères seront dignement accueillies, libres de circuler/de s’installer et de bénéficier des mêmes droits que le reste de la population.

Contre la liberté de circulation l’Europe a créé l’agence Frontex

Le contrôle des frontières n’est pas et ne sera jamais une variante de la mobilité. Il est urgent que cesse la stratégie mortifère aux frontières de l’UE, que les pratiques illégales de Frontex soient enfin sanctionnées et qu’un terme soit définitivement mis au mandat de cette agence européenne dont l’impunité n’a que trop duré. Depuis des années, les refoulements violents – voire mortels – d’exilé·e·s à la frontière gréco-turque, sont notoires et documentés, y compris par Frontex.

L’incompatibilité de ses activités avec le respect des droits fondamentaux n’est plus à démontrer. Cependant son impunité reste totale : l’UE et ses États-membres ont progressivement mis en œuvre une stratégie « d’irresponsabilité organisée » en matière de politique migratoire, dont Frontex est l’une des composantes sécuritaires essentielles.

Egalité des droits

Dans la plupart des domaines de la vie quotidienne, protection sociale, enfance, santé, logement…, le droit interdit a priori d’établir des différences de traitement.

Cependant, au-delà des pratiques illégales qui contreviennent à cette interdiction, comme les refus de scolarisation ou d’accès aux soins par exemple, c’est la règle de droit elle-même qui, en instaurant parfois des critères apparemment neutres, limite de fait le plein accès aux droits fondamentaux des étrangers.

Dans ce domaine, les mots utilisés, véhicules des idées et des stéréotypes, ne sont pas neutres et sans conséquence. Migrants, réfugiés, clandestins, sans papiers, immigrés, exilés sont autant de mots rarement utilisés de manière indifférente.

Re-politiser la question du racisme et cesser de penser le racisme sous l’angle moraliste qui est celui de la division pour l’aborder sous l’angle de l’égalité des droits.

Le CESEDA (code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) révèle l’absurdité, la déshumanisation et la violence des politiques qui sont menées à l’égard des personnes étrangères, depuis des années, dans un contexte de criminalisation et de répression des migrations.

Expulsion, enfermement, espoir de régularisation dont les conditions se durcissent à chaque nouvelle loi, exploitation, précarisation : voici le cycle infernal produit par ces nécropolitiques.

Les critères de régularisation obligent les personnes étrangères à rester sans-papier pendant des années, à travailler alors qu’elles n’en ont pas le droit, à être dans une situation de dépendance vis-à-vis du patron ou du conjoint.

Les marges de manœuvre se réduisent après chaque réforme du CESEDA, réformes qui se succèdent de plus en plus rapidement, sur fond de discours publics alimentant le racisme, l’idée d’étrangers « fraudeurs », « envahisseurs », « profiteurs », etc.

Les modifications du CESEDA ne suffiront pas.

C’est bien son abrogation qu’il faut obtenir et avec elle, celle des idéologies sur lesquelles il est fondé et qu’il perpétue :
le colonialisme, le racisme, le sexisme, l’utilitarisme économique.

La dématérialisation

De nombreuses démarches administratives sont aujourd’hui « dématérialisées », totalement numérisées : elles se font au moyen de sites ou plateformes sur Internet sans avoir à se rendre physiquement dans les locaux de l’administration. Cette évolution, a priori facilitant les choses pour les usagers, peut cependant représenter une difficulté insurmontable lorsque l’administration n’a pas prévu d’autre moyen d’effectuer telle ou telle démarche que via internet. En effet, cela suppose, en premier lieu, de savoir se servir des outils informatiques, et de disposer d’une connexion internet, mais il faut également que le service fonctionne correctement car les usagers n’ont plus de guichet auquel s’adresser pour se renseigner, pallier une panne, corriger des erreurs, ou tout simplement effectuer physiquement leurs démarches.

Cela prive nombre d’étrangers et d’étrangères de la possibilité d’exercer leurs droits (droit au séjour, droit au travail, droits sociaux, etc.) en les maintenant à distance de l’administration.

Les centres de rétention administrative sont des prisons

Lorsqu’on parle des CRA, il est important de commencer par rappeler que les CRA sont des lieux d’isolement et d’abus. Mais il ne faut pas se tromper : ils ne sont pas quelque chose de complètement indépendant, d’exceptionnel par rapport au reste. Ils sont un maillon d’une chaîne bien plus large.
Cette chaîne va des relations néocoloniales qui règlent les visas et les accords bilatéraux, jusqu’aux frontières militarisées, des centres d’hébergement et d’accueil aux prisons, des préfectures à la commission d’asile, des tribunaux aux rafles et aux contrôles au faciès dans les rues et dans les gares.

Les CRA sont des lieux d’enfermement et de privation de liberté, où les violences policières, les menaces et les humiliations sont à l’ordre du jour.